« Face au désordre du monde, face à une conjoncture économique incertaine et un chômage persistant, il y a aussi un état d’urgence économique et social à proclamer ». Le chef de l’État a présenté, lundi 18 janvier, lors de ses vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), une série de mesures visant à lutter contre le chômage qui n’a jamais connu un taux aussi haut en France depuis de très nombreuses années.

«Je considère que face au désordre du monde, face à une conjoncture économique incertaine et un chômage persistant, il y a aussi un état d’urgence économique et social à proclamer», a déclaré le chef de l’État. Le plan coûtera 2 milliards d’euros, «entièrement financé par des baisses de dépenses», a encore assuré le président de la République. Il contient, comme prévu, des mesures sur l’apprentissage pour les jeunes, sur la formation des chômeurs et sur des aides à l’embauche pour les patrons de PME.

Une prime d’embauche de 2000 euros pour les PME

Comme grande mesure, le Président de la République a annoncé que les entreprises de moins de 250 salariés disposeront d’une prime immédiate de 2000 euros par an pour toute embauche en CDI ou en CDD de plus de 6 mois de salariés payés jusqu’à 1,3 fois le smic.

Un milliard d’euros pour la formation de 500.000 chômeurs

L’État dégagera un milliard d’euros pour le plan de formation de 500.000 chômeurs.  « Pôle emploi mettra en place de nouvelles formations, l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) et d’autres organismes seront mobilisés pour cette mission et les partenaires sociaux apporteront leur propre contribution et définiront les formations liées branche par branche, région par région aux besoins des entreprises», a-t-il déclaré.

50.000 contrats de professionnalisation

Le président a annoncé une augmentation des contrats de professionnalisation, qui devraient passer à 50.000 bénéficiaires, contre 8000 actuellement, «avec un soutien financier de l’État sur le modèle des emplois aidés».

 

Création de 1000 postes pour développer l’apprentissage

Il s’agit ici de la «grande priorité». Le gouvernement élargira l’offre et la durée des formations avec «des rentrées (…) tout au long de l’année», a-t-il précisé, confirmant ce qu’avait déjà évoqué la ministre du Travail, Myriam El Khomri, début janvier.

L’Éducation nationale ouvrira des formations nouvelles en alternance (apprentissage et formation professionnelle) et des «jumelages entre lycées professionnels et CFA (Centre de formation des apprentis, NDLR)». Il y a aura la «création de 1000 postes affectés à ces formations d’ici la fin du mandat» et des efforts seront menés pour «améliorer les systèmes de transport et de logement pour les apprentis».

Indemnités de licenciement et temps de travail

François Hollande a par ailleurs confirmé que la réforme des prud’hommes serait amorcée en introduisant le plafonnement des indemnités de licenciement et que la future réforme du Code du travail prévoirait que l’accord d’entreprise fixerait les modalités d’organisation du temps de travail, sans remettre en cause sa durée légale.

Encourager l’entrepreneuriat

Le chef de l’Etat a souhaité insister sur le «développement du travail indépendant et de la création d’entreprise», alors que le numérique bouleverse le monde du travail et pousse les pouvoirs publics à «repenser le modèle économique et social en France». Il faut «faciliter toutes les créations d’entreprises. (…) Tous les entrepreneurs bénéficieront de la simplicité d’un nouveau régime». Notamment, «une incitation fiscale leur sera proposée, leur permettant d’aller vers le régime réel ou le forfait.»

Source : http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/2016/01/18/29001-20160118ARTFIG00133-plan-d-urgence-contre-le-chomage-ce-que-hollande-a-annonce.php